«Ariane 6 est mieux adaptée aux besoins du marché »

La Figaro| le 3 décembre, 2014

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INTERVIEW - Pacôme Révillon, PDG d'Euroconsult, explique pourquoi le nouveau lanceur européen devrait être compétitif dans un marché en pleine mutation, avec notamment l'arrivée du concurrent américain privé Space X et l'émergence des satellites à propulsion électrique.

The 22nd event in the GVF-EMP Oil & Gas Communications Conference Series drew to a highly successful close in Kuala Lumpur on November 20th, 2014.

Two-days of dynamic and informative dialogue were highly indicative of the importance of the oil and gas sector to the communications industries, of the centrality of satellite communications solutions to the oil and gas exploration and production (E&P) environment, and of the increasingly evident importance of high throughput satellite (HTS) technology and services in energy resource exploitation.

The December London Roundtable will be the third annual event of its kind for Europe and will be sponsored by Intelsat, Inmarsat, Avanti, C-COM Satellite Systems, and Advantech Wireless. Organizations across the solutions provider and user communities have been invited to contribute to the event program, which will comprise an Opening Keynote Presentation by Stéphane Chenard, Senior Analyst, Euroconsult, to be followed by a series of interactive Roundtable/panel sessions.

A total of 115 delegates and speakers contributed to GVF Oil & Gas Communications South East Asia 2014: Evolving the ‘Big Data’ Digital Oilfield for Offshore & Deep Water, the seventh event in the series to focus on the South East Asian region of the energy vertical market. The Kuala Lumpur event was sponsored by Intelsat, SpeedCast, RigNet, Hermes Datacomms, MajuNusa and ScopeTel, and was supported by Petronas ICT, as well as by the Asia Pacific Satellite Communications Council (APSCC).

LE FIGARO.- Les performances des futures Ariane 6 sont-elles adaptées au marché des satellites de télécommunication?

Pacôme RÉVILLON.- Après plusieurs décennies où la masse des satellites de télécommunication n'a cessé de croître, pour atteindre jusqu'à 6 tonnes pour les plus gros, l'arrivée des satellites à propulsion électrique sur le marché change la donne. Ces nouveaux satellites sont plus légers car ils embarquent moins de carburant, et une part croissante du marché s'oriente vers des engins d'environ 4 tonnes. Ariane 5 est trop puissante pour lancer économiquement deux satellites dans cette gamme de poids, alors qu'avec ses deux versions Ariane 6 pourra en lancer au choix un seul ou deux à la fois. Elle paraît donc plus adaptée aux futurs besoins du marché.

Avec des coûts de lancement annoncés de 70 millions d'euros et 115 millions d'euros pour les deux versions d'Ariane 6, le lanceur européen sera-t-il compétitif?

Aujourd'hui, les deux principaux concurrents d'Arianespace sur le marché des satellites en orbite géostationnaire sont le lanceur russe Proton, qui coûte autour de 80 millions d'euros le vol, et le Falcon 9 de l'américain SpaceX, à environ 65 millions d'euros. Ces prix sont plus bas que ceux d'Ariane 5, commercialisée autour de 160 millions d'euros par vol, en emportant deux satellites. Avec Ariane 6, l'Europe devrait faire baisser ses coûts de manière très significative. Ariane 6 sera peut-être un peu plus chère que ses concurrents, mais cela ne devrait pas l'empêcher d'être compétitive. Elle pourrait permettre à Arianespace de défendre sa part de marché historique d'environ 40 %, à condition de garder la même fiabilité qu'Ariane 5, qui s'est imposée comme le lanceur premium sur le marché.

L'Europe ne va-t-elle pas être exposée à l'arrivée de nouveaux concurrents, comme la Chine ou le Japon?

La Chine dispose de lanceurs qui pourraient être très compétitifs, mais les règles d'exportations américaines leur interdisent de lancer des satellites qui contiennent des composants américains (réglementation Itar). Est-ce que cela va changer? Cela reste difficile à dire. Le Japon a un bon lanceur, mais trop coûteux, et ne représente qu'une part très marginale du marché mondial.